Options: Interview de Gaël Deballe de Zenoption

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ZenoptionJe suis le travail de Gaël depuis quelques maintenant. Je trouve son travail intéressant et plein de bon sens.

De plus, il vulgarise de manière simple la manière d’utiliser les options.

Ses méthodes pragmatiques font découvrir des utilisations des options méconnues et pourtant très profitables.

Son Blog Zenoption est intéressant et je vous invite à le visiter.

Ci dessous, vous allez découvrir l’interview de Gaël qui a été réalisé dans le cadre d’un évènement pour les agriculteurs pour mon blog vendresonble.

 

GAEL DEBALLE
1. Peux-tu te présenter? (nom, région, etc)

Je m’appelle Gaël Deballe, je suis né à Saint-Quentin en Picardie (grande région agricole), où j’ai passé mon enfance et adolescence. Puis j’ai déménagé en Touraine, puis à Paris (pour mes études), et enfin en Suisse (pour le travail). Et maintenant, je parcours le monde…

2. Quel est ton parcours professionnel?

J’ai fait un parcours étudiant classique à la française :
Classes Préparatoires aux Grandes Ecoles à Tours, puis intégration de Supelec Paris, école d’ingénieur avec spécialisation dans le domaine de l’énergie. J’ai également fait en parallèle une licence d’économie générale et gestion de l’entreprise par correspondance. Puis récemment une formation d’anticipation politique auprès du LEAP (Laboratoire Européen d’Anticipation Politique, fondé par Franck Biancheri, le père d’Erasmus)

Le début de mon parcours professionnel ensuite est un peu moins classique :
J’ai travaillé pour les fondateurs de Poweo, start-up de commercialisation d’électricité. J’étais en charge de l’approvisionnement (achat long terme et court terme d’électricité sur les marchés) , de la gestion de portefeuille (stratégies de couverture, contrôle des risques, etc).
Ne croyant pas au « business model » de la société, je suis ensuite parti en Suisse, chez EOS (Energie Ouest Suisse) où j’ai géré le portefeuille des distributeurs locaux, et actionnaire d’EOS (Romande Energie, Services Industriels de Lausanne, Forces Motrices Valaisannes, etc).
Puis je suis passé au trading floor d’EOS, qui entre temps avait fusionné avec ATEL pour fonder Alpiq, le plus gros énergéticien suisse. J’y ai géré les ouvrages hydroélectriques en vendant au mieux l’électricité sur les marchés allemand, français, italien et suisse.

Les dernières évolutions de ma carrière sont beaucoup moins classiques :
Comme je m’intéressais aux marchés financiers traditionnels depuis de nombreuses années et que j’avais de solides connaissances en finance, en trading et en gestion des risques avec mes études et mon passage sur un trading floor, je me suis lancé à mon compte il y a 4 ans. En parallèle de la gestion de mon propre portefeuille, j’étais formateur sur les options auprès de particuliers suisses.
Il y a 2 ans, j’ai décidé de proposer mes formations au plus grand nombre en fondant zen-option.com. Grâce aux stratégies sur options que j’ai mises en place, je n’ai pas à me soucier de gagner ma vie en voyageant : un PC portable, un oeil sur les marchés de temps en temps suffisent. Et quand je me pose quelque part, je me remets au trading.

3. Que penses-tu de l’évolution de la volatilité ces dernières années?
Là-dessus il faut distinguer 2 marchés (les « commodities » et les marchés actions) :

Sur les « commodities », la volatilité mensuelle, sur la dernière décennie, a complètement explosée. Que ce soit pour le pétrole, les matières premières industrielles ou les matières premières agricoles, nous avons atteint des sommets jamais vus et qui étaient inimaginables quelque temps auparavant. Puis des chutes de la même ampleur.

Concernant les marchés actions, celui-ci a toujours été volatile, et ces dernières années pas plus qu’avant. Sur les 5 dernières années, nous avons même pu constater un fort tassement de la volatilité, dû à l’action et au déversement de liquidités des banques centrales.

4. Quelles difficultés as-tu remarqué parmi les agriculteurs face à cette volatilité?

L’accroissement de la volatilité sur les marchés agricoles est difficile à gérer pour un agriculteur, car il y a une perte de référence dans les prix : on sort des fourchettes de prix habituelles. Bien-sûr, cela peut être source d’immenses opportunités, mais le timing de vente devient alors très important. C’est pourquoi l’accès aux marchés financiers tient désormais toute sa place dans la stratégie d’un agriculteur, pour pouvoir intervenir quand bon lui semble, se couvrir, vendre, racheter , etc. C’est assez déstabilisant, c’est presque un nouveau métier qu’il faut apprendre en parallèle. En tout cas, je leur conseillerais de se former un minimum, c’est clair.

5. Quels sont d’après toi les outils et les solutions dont disposent les agris pour gérer cette volatilité?

Il y a les Futures, qui sont des Contrats à terme, pour se couvrir et spéculer sur une matière première agricole.
Cela amène à suivre l’évolution des cours de manière régulière, d’acheter, vendre, suivant un timing donné par une analyse (fondamentale ou technique).
C’est exactement comme trader le pétrole, ou n’importe quelle action d’entreprise.

Et puis il y a les options dont le sous-jacent est une matière première agricole. Ces produits dérivés offrent un peu plus de flexibilité et ne nécessitent pas forcément de suivre les marchés en continu.

Elles peuvent être utilisées pour :

# Se couvrir pendant une période donnée (par exemple 1 an) d’une évolution défavorable des cours,
# Spéculer plus efficacement qu’en achetant le sous-jacent directement,
# Obtenir du rendement grâce à des stratégies de vente d’options
# Combiner plusieurs de ces aspects : se couvrir et récupérer le coût de la couverture grâce aux stratégies de rendement par exemple.

6. Quels sont tes projets à venir?

Je suis en train de travailler sur une 3e formation options, qui intéressera les détenteurs d’un portefeuille structurellement long, pour se couvrir complètement. Et j’expliquerai comment récupérer plus que le coût de la couverture grâce à d’autres manœuvres jouant sur tous les paramètres possibles des options. Ce sera une formation un peu plus complexe que les deux qui existe déjà (Stratégie de rendement zenoption et Investir malin avec les options) et qui sont vraiment simples à mettre en œuvre.
Je travaille aussi en collaboration avec les publications Agora pour développer un nouveau service utilisant les options. Je suis déjà rédacteur pour leur magazine La Bourse au Quotidien.

7. Enfin dernière question, si tu as un unique conseil à donner, quel serait-il?

Persévérer. Dans votre connaissance des marchés, mais aussi dans la vie. Les échecs sont complètement normaux et permettent de progresser, en bourse plus qu’ailleurs encore.
Je ne connais personne qui rencontre désormais le succès sur les marchés qui ne soit pas passé par des moments difficiles.
La persévérance, et la formation continue, sont vraiment le secret d’une réussite à terme. Exactement comme dans le monde de l’entrepreneuriat d’ailleurs.

 

Merci Gaël pour cet entretien fort intéressant.

 

 

 

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